Shannon était un ingénieur, Weaver, un philosophe. Leur préoccupation essentielle était de régler les problèmes de transmission télégraphique : le signal devait arriver au niveau de la cible dans l'état le plus proche de ce qu'il était au niveau de la source. Ce signal peut être affecté ou brouillé, voir déformé par un phénomène de bruit. La communication est réduite à la transmission d'une information.

Ce modèle met en avant les obstacles qui peuvent rendre la communication difficile : codage, décodage, bruit (entendu comme tout ce qui gène la transmission). Mais il ne prévoit aucune interaction entre l’émetteur et son unique destinataire. Il se fonde en outre sur des messages simples.
Il fut l'un des premiers à s'intéresser à la communication de masse. Selon lui, on peut décrire "convenablement une action de communication en répondant aux questions suivantes " : Qui, dit quoi, par quel canal, a qui et avec quel effet ? "
Le modèle de Lasswell conçoit la communication comme un processus d'influence et de persuasion.
La communication est conçue comme un processus d’influence. La modèle permet dons assez bien d’analyser la communication de propagande ou la communication publicitaire. Néanmoins, aucun retour de l’émetteur vers le récepteur n’est envisagé. Le récepteur reste selon ce modèle assez passif et sa psychologie est simplifiée.
Roman Jakobson est un linguiste et un théoricien de la communication qui a conçu un modèle qui permet de réfléchir sur la communication et qui permet de comprendre les nombreux facteurs intervenant dans chaque situation de communication.

L'intérêt de ce schéma de la communication réside dans la conceptualisation des fonctions du langage. Jakobson fait correspondre à chaque facteur de la communication une fonction du langage. Au six facteurs, correspondent six fonctions.
Les précédents modèles sont inspirés du béhaviorisme qui est une philosophie mécaniste selon laquelle les phénomènes psychologies s’expliquent de manière simple par un enchaînement linéaire de causes et d’effets, à la manière du fonctionnement d’une mécanique. Cette philosophie est réductrice et s’applique mal aux phénomènes humains.
A partir de 1947, sous l’impulsion de Norbert Wiener, se développe la cybernétique, science qui étudie la circulation de l’information dans les systèmes auto régulés. La cybernétique met en lumière une causalité circulaire (ou feedback) et la capacité qu’a un système d’évoluer de lui-même grâce à la circulation de l’information en son sein.

L’école de Palo Alto désigne un groupe de chercheurs pluridisciplinaire qui ont travaillé ensemble autour de théorie de la communication et de la relation entre les individus.
L’initiateur de ce travail et père de cette école est Grégory BATESON, zoologue, anthropologue et ethnologue. Il a été influencé par les mathématiciens, pères de la « cybernétique », Norbert WIERNER et John Von NEUMAN, et également par Ludwig Von BERTALAUFFY, biologiste qui a élaboré la « théorie des systèmes ».
Bertrand RUSSEL, père de la « théorie des types logiques », et Milton ERIKSON, initiateur d’un langage et d’une approche hypnotique en thérapie, ont aussi influencé son travail.
Les apports essentiels de l’école de Palo Alto à la théorie de la communication sont les suivantes :
Le structuralisme est un courant de pensée qui traverse l’ensemble des sciences humaines depuis le début du XXème siècle. Il s’inspire de la linguistique de Ferdinand de Saussure qui considère la langue comme un système de signes interdépendants. La langue est une structure préexistante qui s’actualise dans les discours (réalisation individuelle d’énoncés). Etendue à l’ensemble des sciences humaine, la structure désigne une organisation cachée et inconsciente qui régit les relations des éléments qui la constituent. Ce concept permettrait d’expliquer, par l’existence d’une structure universelle de la société humaine, l’organisation particulière de chaque société, les différentes cultures et les structures symboliques du psychisme individuel.
Roland Barthes a contribué dans les années 1970 à substituer l’analyse du discours à l’analyse du contenu jusque là pratiqué. Alors que l’analyse de contenue se fonde sur l’analyse qualitative et quantitative des composant du message, l’analyse de discours fait dépendre l’interprétation de l’énoncé de sa structure et de son rapport avec la structure psychosociale dans laquelle il a été produit.
L’approche structuraliste fait de la communication un système social central qui contribue à la reproduction des rapports sociaux. La communication de masse exerce, selon Louis Althusser, une violence symbolique sur l’individu.
Le structuralisme et la cybernétique sont le fondement du systémisme et de la pensée complexe. Alors que le structuralisme décrit une structure préexistante et ses déférentes réalisations et a donc une approche fixiste des réalités humaines, le systémisme étudie les dynamiques de transformation qui opèrent à l’intérieur même des systèmes.
Le structuralisme dégage une procédure pour analyser la phonologie, puis la généralise aux autres niveaux. (Morphologie, lexicologie, syntaxe).
L’Ecole de Francfort est née en 1923 avec la fondation de l’Institut für Sozialforschung (Institut de Recherches Sociales) par décision du Ministère de l’Education. L’idée d’une institution permanente vouée à l’étude critique des phénomènes sociaux était apparue en 1922 lors d’un colloque consacré au marxisme (communisme).

Son projet initial était d'accomplir une analyse critique des sciences sociales dans une perspective néo-marxiste. L'école de Francfort est notamment connue pour s'être penchée sur l'apparition de la culture de masse dans les sociétés modernes, dont elle développera une critique à l'aide du concept de l'« industrie culturelle ». Cette école se penche sur les concepts de critique comme :
A l'arrivée du parti nazi au pouvoir en 1933, l'Institut est fermé et ses membres sont contraints à l'exil. Adorno, Horkheimer et Marcuse partent aux États-Unis. Herbert Marcuse enseignera à Berkeley, en Californie. Après une escale à Genève, l'Institut est transféré à New York, où il restera jusqu'en 1950, date de son retour à Francfort. Jürgen Habermas, par un réinvestissement de la théorie critique, contribuera à fonder ce que l'on nommera la « Seconde génération de l'École de Francfort ». S'il n'a que des liens historiques ténus avec l'école de Francfort, sa réappropriation de la théorie critique fait de lui non seulement l'héritier de Horkheimer mais aussi un innovateur susceptible de libérer la théorie critique « des entraves dont elle n'avait pas su elle-même se déprendre ».

Après la guerre, l’Ecole de Francfort se détache de l’Institut pour devenir un courant de pensée. Il y a entre les chercheurs des liens personnels mais ce qui les unit particulièrement c’est une attitude philosophique et un certain nombre de choix politiques communs. Ce sont des marxistes non inféodés à un parti ou à un Etat, et la raison est leur référent essentiel ; la raison émancipatrice qui arme le sujet d’une conscience critique, mais aussi la raison qui est à l’origine de l’émergence du capitalisme à travers une appropriation rationnelle de la nature. D’où une dialectique de la raison à la fois émancipatrice et instrument de domination. La critique de la culture de masse fait partie des Etudes Sociales, dans la mesure où elle s'inscrit dans la société contemporaine. La culture de masse est souvent décrite comme étant une « société de consommation » où une grande part des rapports entre les hommes est basée ou régis par des processus économiques ou la consommation et les volontés des entreprises deviennent des phénomènes de société. Ces processus institutionnalisent nos modes de vie et sont aujourd'hui sous l’emprise de « la mondialisation ».
La place du récepteur à souvent été minimisé dans les précédentes théories. Dans l’Invention du quotidien, Michel de Certeau montre comment l’individu peut s’emparer de manière originale et souvent inattendue de ce que lui impose l’appareil médiatique.
Les théories de la réception élaborées à la suite des travaux de Hans Robert Jauss et de Wolfgang Iser construisent le modèle d’un récepteur qui ne se contente pas de recevoir le message et de le décoder comme l’émetteur le souhaite, mais qui l’interprète en fonction de la situation d’émission, de ses compétences psycho-socioculturelles et langagières et de l’image qu’il se fait de l’émetteur.
La médiologie est une méthode de recherche inspirée par le philosophe Régis Debray. Elle étudie les productions humaines (art, doctrine, discipline scientifique, pratique…) en relation avec les structures dans lesquelles elles naissent (académie, église, parti politique université…) et les systèmes technique de communication qu’elles utilisent (diffusion, archivage). La médiologie réintroduit ainsi le média dans la communication. Elle étudie comment la création d’un nouveau média influe non seulement sur les messages, mais aussi sur les comportements et les mentalités et, à l’inverse, comment une culture « suscite, assimile ou modifie une innovation technique ».